Du 6 mai au 28 Juin à 20h
Une conférence-théâtre de Roger des PRÉS
(toutes les dates tout en bas)
Du théâtre ? Une conférence ?
« La Fabrique du P.R.É. » est une performance de Roger des Prés. C’est une création mais c’est aussi un aboutissement et le début d’une histoire. L’aboutissement, c’est celui d’une vie entière consacrée à l’élaboration d’une utopie de la ruralité possible en ville comme puissance de création poétique et politique : la Ferme du Bonheur à l’Ouest de l’Université Paris-Nanterre, le Champ de la Garde à l’Est. Et le début, c’est celui de son Grand Œuvre : le P.R.É, Parc Rural Expérimental, aujourd’hui cinq hectares, demain une vingtaine… un rêve qui fait vibrer l’espoir de renouveler dans la joie notre rapport à la terre, un rapport actif
…et collectif : de, par et pour toutes et tous.
Elle est créée au sein même du lieu qui a porté cette utopie de manière éminemment concrète depuis plus de trente ans, la Ferme du Bonheur à Nanterre, ce lieu magique construit à la main qui a transformé une friche urbaine en une bulle de beauté rurale libertaire et qui est devenue une puissante source d’inspiration pour les milliers de bénévoles qui sont venus y œuvrer quelques heures ou quelques mois mais aussi pour tous les penseurs de la ville et du paysage, de Patrick Bouchain à Gilles Clément.
Pendant 1h30, Roger des Prés présente cette histoire et cette utopie au cœur de la Ferme, dans cet inénarrable édifice de planches et de tôles qu’il a construit lui-même, baptisé Favela-théâtre, devant la cheminée géante. Et parce qu’il ne sait pas faire grand-chose comme tout le monde, il le fait en utilisant un jeu de cartes, librement inspiré du tarot marseillais, cartes abattues l’une après l’autre, et projetées en grand sur un écran au-dessus de la cheminée.
Écrite et mise en scène par Roger, il va de soi que cette performance ne sera pas dénuée de digressions et il y a vraiment peu de chances que deux représentations soient identiques. Mais celles et ceux qui connaissent le lieu et le bonhomme le savent : les digressions ne sont pas un parasite de sa pensée, elles sont le foisonnement libre et impertinent qui en est l’inarrêtable moteur. Et comme le dit Francis Ponge : « l’essentiel est le P.R.É. » !
(texte : Éric Labbé)

Hier, aujourd’hui, demain…
Une intuition de Roger des PRÉS,
une œuvre de tout le « Petit Peuple » de la Ferme du Bonheur
« La Fabrique du P.R.É. » – Parc Rural Expérimental, sous-titrée « Le Joli-Village » est le nom de l’œuvre menée instinctivement, intuitivement… naturellement depuis son enfance par Roger des PRÉS, singulièrement depuis son arrivée à Nanterre au bord de l’Université l’Hiver 1992/93 ; la Ferme du Bonheur en est le préambule, et grâce au Champ de la Garde, 4,2 hectares à cinq minutes de la Ferme, de l’autre côté du campus et de la gare, la première étape fut accomplie : arrachée au torrent de béton déversé depuis 2002 derrière le quartier « d’affaires » de la Défense, la gigantesque Opération d’Intérêt National « Seine-Arche », une ferme est née ! Une VRAIE ferme, un paysage RURAL ! Fi de l’anecdote new-age « d’agriculture urbaine »… En octobre 2023, lors des Journées Nationales de l’Architecture, l’expérience menée depuis le 28 décembre 2008 au Champ de la Garde par Roger, les salariés de l’association qu’il dirige et les bénévoles tous azimuts (volontaires internationaux du wwoof, bénéficiaires de structures sociales, salariés d’entreprises en RSE, éco-warriors, étudiants de petites et grandes écoles, stagiaires, naturalistes, botanistes, chercheurs, scientifiques, voisins, amis…) a été consacrée ! Situé à l’Ouest de l’OIN, au bout du fameux Axe Historique rêvé par André Le Nôtre au XVII° siècle, le Champ de la Garde survivra : plus question de bureaux, de voirie… Et un exemple pour ce qu’il reste à « aménager » de l’OIN : « l’Estuaire » (ex Delta vert), dix à quinze hectares à aménager en Parc, jusqu’au bord de la Seine, et peut-être… douze hectares au Nord de l’Île dite « de Chatou »… À l’image du Champ de la Garde, une École : sans machine, avec le Génie de la Main, la Joie de Communautés de Mains : arts, artisanats, paysage, architecture, agriculture, économie, écologie, fêtes, société… politique !
En 1993, quand le Directeur du Développement Culturel Municipal de l’époque a proposé de nous installer sur ce délaissé issu de la démolition d’une ancienne école primaire du début du XX° siècle (Nanterre et le déni consciencieux du Patrimoine…), il affirmait que le terrain allait durer un ou deux ans avant « promotion » immobilière ; qu’à cela ne tienne, les caravanes, le troupeau de chèvres, le cheval, l’âne iraient plus loin, comme ils allaient depuis toujours… Mais trois ans plus tard, Roger réalise qu’il n’a jamais scotché aussi longtemps au même endroit depuis qu’il a quitté père et mère, et qu’il a… planté des arbres !!! Un baptême : la Ferme du Bonheur (pour dire qu’il ne se la pète pas), d’autres arbres plantés, un bouc qui fait croître le troupeau, un cochon… et la construction en 1996/97 du fameux « Favela-théâtre », en architecture « pifométrique », autrement dit « Bidonville » ou « Rom », pour un coût d’à peu près 7 000 Francs d’alors ( un peu plus de 1000 €), à la fois théâtre, hammam, dancefloor, salle-à-manger, où l’on « fait le cochon » l’Hiver, etc. qui représenta la France lors de la Biennale Internationale d’Architecture de Venise en 2018, vite repéré par notre incontournable futur Grand Prix de l’Urbanisme en 2019, Patrick Bouchain… Autant dire que la relation avec la mairie, « communiste » depuis 1935, « divers-gauches » depuis le 21 avril 2002, n’est pas sereine… : quid de sa « maîtrise du foncier » ? Comment contrôler Roger des PRÉS et sa bande ?
Depuis les premiers jours en 1993, des dizaines de projets « urbains » s’annoncèrent en lieu et place de la Ferme : un IUT, le nouveau restau-U, un village de chercheurs en ethnomusicologie, des structures sportives de l’IUT Sports de Ville d’Avray, un parking, l’INSHEA, etc. etc. etc. Aujourd’hui encore, nous menace un programme de résidence étudiante PRIVÉE, un hôtel… dont les architectes, tout comme l’Établissement Public d’aménagement Paris-La Défense osent prétendre qu’il va « enfin redonner vie à ce territoire en déshérence »… (Sic !) En 2002 -ou 3- les urbanistes lauréats du concours international d’aménagement de l’OIN, à l’époque où la mairie la dirigeait, avaient acté « la-relocalisation-de-la-Ferme-du-Bonheur-sur-le-Grand-Axe », ce qu’on découvrit plus tard… tout à fait par hasard ! On a compris : on libère la parcelle et… on béton-pognon… Lors, on a invité Patrick Bouchain et l’ami-jardinier Gilles Clément et, à l’occasion du RDV aux Jardins du Ministère de la Culture, on a arpenté les « 124-hectares-d’urbanimse-opérationnel-sur-un-périmètre-d’investigation-de-650-hectares », et on a découvert des friches où, l’Homme s’en étant détourné, la Nature avait fait son œuvre : des parcelles sauvages incroyables dont « le petit pré », un paysage tel ceux où l’on va se remettre de la brutalité de Paris dès qu’on a trois sous et trois jours de congé : libre, sauvage… rural ! Dès l’année suivante, chaque RDV aux Jardins, nous reproduisions cette transhumance, en changeant le sens (de la Grande Arche à la Ferme), accompagnés des moutons, inventions un écart vers les merveilleuses Tours-Nuage d’Émile Aillaud et le génial quartier du Parc au lendemain de son classement par un Ministre de l’Intérieur plus tard « prisonnier », parmi « vingt-quatre quartiers hautement criminogènes – honte de la France »… Enfin, cette balade se tient régulièrement pour les écoles d’archi, d’urba, de paysage, le Museum d’Histoire Naturelle, les CAUE…
En 2008, grâce au bouquin de Roger publié dans la collection « L’impensé » chez Actes Sud, le RDV aux Jardins fut… énaurme ! Co-produit par Actes Sud, l’Établissement Public d’Aménagement de la Défense, le Muséum, l’École du Paysage de Versailles… Une nuit de théâtre, une nuit de cinéma, une nuit de musique(s), des ateliers, des conférences, des balades, un marché paysan, une librairie… et un millier de personnes qui me balancent sans arrêt « Merci Roger pour ce moment d’optimisme »… Je fais ça moi ?!?!?! Je rends des français optimistes ?! En 2008 ?!?! Et bien… en voilà une responsabilité ! Alors HOP ! La transhumance devient mensuelle, chaque dernier dimanche du mois ! Et PAN ! En décembre à peine, les buldozers sabordent en trois jours le petit pré ! (Maigre consolation : Cyril Weiner a mitraillé ce RDV aux Jardins, sa photo où l’on me voit avec mon cheval défricher un roncier fera plus tard l’affiche de l’expo « Paysages Français » à la BNF Mitterrand… la voir plus loin) On se relève, et comme je m’en réclame depuis toujours : « assez de paroles, des actes ! », le 28 décembre 2008, avec une vingtaine de personnes présentes lors de cette balade mensuelle, nous décidions de « prendre autorité (responsabilité, soin, pas pouvoir !) commune, spontanée, aléatoire, précaire… libre » sur la dernière parcelle sauvage et libre de l’OIN, 4,2 hectares dont on imagine bien l’état de saleté, de pollution… Aujourd’hui, il est merveilleux… Il est consacré… On y vient de partout tous les jours… AgroParisTech, avec l’INRAE, l’IRD, l’INERIS, coordonne et poursuit le pilotage des analyses et démarre enfin ce qui nous anime : apprendre à dé-pol-lu-er !!! À la mode Roger des PRÉS et du Petit Peuple de la Ferme du Bonheur…
Or, le 22 mars 2022, nous recevions une lettre signée par notre élue à la Culture : infâme, diffamante, mensongère, obscène… une déclaration de destruction ! On l’a publiée sur notre site, envoyée à nos réseaux adhérents-mailing list … une pétition est partie spontanément jusqu’à plus de 20 000 signatures, une couverture médiatique aussi énorme qu’inattendue (Gaza, Kiev, Khartoum, Téhéran… la Ferme on s’en fout… Ben non ! Ça fait plaisir) et… l’entregent qu’on sait de Patrick Bouchain qui en un tournemain, invite toute la représentation de l’Institution de la France lors de ces fameuses JNA ! Il crée une association, « l’association le Pré », présidée par Bernard Latarjet, Bouchain trésorier, Dominique Lemaitre secrétaire, et au Conseil d’Administration Gilles Clément, Vinciane Despret et d’autres, petit à petit. Depuis, des dizaines de réunions dans autant de bureaux sont menées avec l’État, la Région, le Département, la mairie, les aménageurs de Paris-La Défense, nos voisins de l’Université, de la Garde Républicaine, de la SNCF, de la Direction des Routes… et les Maîtres d’Œuvre des dix à quinze hectares qu’il reste à aménager à l’Ouest de l’OIN…
La Ferme du Bonheur serait aux premières loges de l’accomplissement de ce Parc, d’après ses méthodes, à la main, avec tout le monde possible et imaginable, en prenant le temps, le temps de la Nature, le temps de la Vie… Et, de son impatience légendaire, Roger lorgne déjà du côté de la Seine, les deux dernières parcelles au Nord de l’Île dite « de Chatou », l’avant-dernière « l’Île Fleurie » à Carrières-s-Seine dans les Yvelines, la dernière à Bezons dans le Val d’Oise… douze hectares (presque) ensauvagés, immaculés ! Sans compter qu’on pourrait aussi revenir sur ce qui a déjà été fait au début de l’OIN, ces espèces « d’espaces verts »…
Le P.R.É., c’est un acronyme, le Parc Rural Expérimental, c’est la Terre, du Nord au Sud et d’Est en Ouest, c’est le monde entier, l’incidence d’un battement d’aile de papillon sur l’antipode…
On y réfléchit, on expérimente à Nanterre…
Roger vous le raconte…
Vingt-huit représentations
Mai
Première Mercredi 6 Mai – Sainte Prudence
« Soleil à la Sainte Prudence, mois de mai fleurissant. »
Mercredi 6 – Jeudi 7 – Vendredi 8 – Samedi 9 -Dimanche 10
Mercredi 13 mai – Jeudi 14 – Vendredi 15 – Samedi 16 -Dimanche 17
Jeudi 21- Vendredi 22 – Samedi 23 -Dimanche 24
Jeudi 28 – Vendredi 29 – Samedi 30 -Dimanche 31
Juin
Vendredi 5 – Samedi 6 -Dimanche 7
Vendredi 12 – Samedi 13 -Dimanche 14
Vendredi 19 – Samedi 20 -Dimanche 21
Mercredi 24 – Jeudi 25 – Vendredi 26 – Samedi 27 -Dimanche 28
Dernière Dimanche 28 Juin – Saint Irénée
« À la saint-Irénée, il convient de se remettre à son métier. »
Prix d’entrée « à discrétion »…
Ouverture des portes à 19h : bar, tapas…
Séances spéciales (scolaires, privatisations…) sur réservation
Matinées possibles le matin ou l’après-midi
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